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Un portrait de famille qui dépeint la vie souvent extraordinaire de gens ordinaires à la poursuite de leur bonheur. De 1960 à 1980, entouré de ses quatre frères, de Pink Floyd, des Rolling Stones et de David Bowie, entre les promenades en moto pour impressionner les filles, les pétards fumés en cachette, les petites et grandes disputes et, surtout, un père qu'il cherche désespérément à retrouver, Zac nous raconte son histoire... 25 décembre 1960 : Zachary Beaulieu vient au monde entre une mère aimante et un père un peu bourru mais fier de ses garçons. C'est le début de C.R.A.Z.Y., le récit de la vie d'un petit garçon puis d'un jeune homme pas comme les autres, qui va jusqu'à renier sa nature profonde pour attirer l'attention de son père....
Ce magnifique sujet est servi par une mise en scène fluide et élégante, comportant quelques trouvailles visuelles oniriques et surprenantes mais aussi, malheureusement, quelques effets de clips de mauvais goût (abus du ralenti par exemple) qui viennent noircir légèrement le tableau. Le film bénéficie également d’une liberté de ton réjouissante qui prouve que nos amis québécois ne sont pas frileux (sexe, drogues, crudité du langage...). Quant à l’aspect humoristique de ce film, il est indéniable et est renforcé par le décalage savoureux de la langue québécoise. Il faut, à ce propos, saluer la justesse de la prestation de tous les protagonistes, et notamment celle de Michel Côte (le père de famille). Enfin il est impossible de ne pas évoquer les musiques utilisées pour le film et qui jouent un rôle prépondérant. Le titre Crazy, de Patsy Cline, disque préféré du père, symbolise à lui seul cette famille puisque chaque lettre du mot est le début des prénoms de chaque enfant. De plus, à l’image de la famille qui explose, le disque est brisé à deux reprises. Et puis il y a David Bowie, Pink Floyd et les Rolling Stones (ah quelle belle idée ce Sympathy for the devil dans l’église !) qui accompagnent très justement Zach dans sa rébellion et son mal-être chronique. Malgré quelques fautes de goût, C.R.A.Z.Y. est donc une réussite. La description d’une folie domestique ordinaire faite de sang, de salive, de sueur et de larmes, qu’il serait dommage de manquer.
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